Le film “the snowpiercer” de Bong Joon-Ho” sous la loupe des critiques affutées des lycéen-nes en option facultative

The snowpiercer

« Le progrès technique est comme une hache qu’on aurait mis dans les mains d’un psychopathe » Albert Einstein

Sorti en 2013 sur les écrans de cinéma , Snowpiercer, est un film de science-fiction multiethnique (réalisateur sud-coréen, acteurs pour la plupart américains, etc…) L’histoire est une reprise d’une bande dessinée française de Jean-Marc Rochette et Jacques Lob, intitulée Le Transperce neige.  Ce film est une œuvre iconoclaste et métaphysique, qui peut autant exalter que laisser perplexe sur certains choix mais qui ne fait aucun doute sur la grandeur de ce qui est accompli.

The snowpiercer
Le train est le monde

En 2031, alors que la neige et la glace recouvrent la terre, une poignée de survivants vivent dans un train qui tourne constamment autour de la Terre, le tout dans un univers sombre et violent. On participe à un bouleversement des classes sociales. Les pauvres sont coincés à l’arrière du train ,tandis que les riches sont devant. La trame scénaristique est on ne peut plus linéaire. Cela peut faire penser aux jeux vidéo, chaque wagon parcouru possède un ennemi à éliminer qui devient de plus en plus puissant en avançant au cours du film. En revanche les décors des différents wagons sont incroyables, marquant à chaque fois une progression sociale. Certains aspects du scénario sont également très intelligents et biens écrits comme par exemple le fait qu’on ne voit pas tout de suite la blancheur de la neige et les vastes étendues extérieurs. Comme si Bong Joon-ho tentait de substituer notre regard aux personnages qui commencent l’histoire, ces “queutards”, ces “parasites”, ces misérables aux plaies béantes et aux dents sales. Le film commence et le film est sale, terne, dénué de lumière. Nous sommes à l’arrière du train, à l’arrière de l’humanité. Les corps sont entassés dans l’odeur nauséabonde et le train roule, le train roule mais les femmes et les hommes ne bougent pas. Comme s’il n’y avait plus que cela, l’immobilisme. Le regard condamné, pas de présent, pas d’avenir, juste une queue de train pleins de corps et rien d’autres autour. Juste le bruit du fer qui s’entrechoque, juste le bruit des rails prolongées à l’infini.  A présent parlons du jeu des acteurs, je ne trouve vraiment rien à redire, Chris Evans ainsi que les autres acteurs jouent leurs rôles à la perfection. Cette œuvre est faite de non-dit, comme c’est le cas avec la scène d’embrigadement des enfants qui renvoie à la jeunesse hitlérienne. La force du film est qu’il pose des questions morales intéressantes que ce soit jusqu’où est prêt à aller l’homme pour survivre et retrouver sa dignité, ou encore sur ce qui est juste ou pas, d’ailleurs la réponse n’est pas la plus évidente. Nous avons affaire à une œuvre inépuisable qui nécessite plusieurs visionnages pour saisir toute la richesse du scénario et les pépites de sa mise en scène.

Alff Lison

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