Le Concours des femmes remarquables d’Alsace 2015

SONY DSC Des élèves du Lycée Marc Bloch ont fait preuve de qualités littéraires et de compétences historiques en découvrant cette année scolaire 2014-2015 le destin exceptionnel de quelques femmes d’Alsace d’autrefois. Féru d’humanités, ce groupe, composé de la seconde 1 à 7, avait choisi comme enseignement d’exploration « Littérature et société ». Ils ont participé au Concours des  femmes remarquables d’Alsace 2015. Le thème retenu pour cet exercice exigeant des critères d’expression écrite était les “affinités électives” avec ces femmes d’Alsace de jadis et de la période contemporaine”. Pour ce concours “interclasse”, ces lycéens ont fait des recherches pour élire leur « femme remarquable ». Leur choix fait, ils ont écrit un texte de 2500 caractères à une femme remarquable d’Alsace avec laquelle ils auraient aimé lié amitié. Ils ont utilisé la forme littéraire qui leur semblait la plus adéquate.(Poème, Lettre, etc…)

Les femmes élues sont différentes par leurs actions dans la société de leur époque, du Moyen Age à la période contemporaine.

Les élèves candidats et leurs femmes remarquables

  • Lucie Berger par Camille Maret
  • Jeanne-Marie Helblin, par Laura Klein
  • Sainte Odile , par Amélie Acker
  • Katia Kraft par Amélie Acker
  • Katia Kraft, par Mélina
  • Katia Kraft, par Jean-Baptiste Séchet
  • Katia Kraft , par Victor Steyer
  • Laure Weil , par Laure Wolf
  • Laure Weil , par Lisa Burger
  • Amélie de Berckheim, par Achille Labaune
  • Marie Jaëll, par Selin Bulut
  • Marie Jaëll, par Caroline Juncker
  • Marie Jaëll, par Marine Doutre
  • Marie-Antoinette Lix, par Marine Werlé
  • Marie-Antoinette Lix, par Viviane Ribeiras
  • Alice Mosnier,par Barbara Dudt
  • Louise Weiss, par Manon Fischer
  • Mama Daktari , par Sana El Azhari

Les élèves primés

1er prix : Manon Fischer seconde 2

2 ème prix: Sana El Azhari seconde 1

3ème prix: Marine Werlé seconde 7

Diplôme d’encouragement , Laura Wolf seconde 4

Diplôme d’encouragement , Achille Labaune, seconde 6

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La remise des prix a eu lieu le jeudi 28 mai 2015. Les résultats ont été proclamés par le président de l’association, M. Alain Gall. Deux auteures rhénanes, membres de l’association faisaient partie du jury de sélection. Elles ont offert chacune une de leurs œuvres qu’elles ont dédicacées aux lauréats. Ces derniers, en plus du T-Shirt de l’association, ont reçu des bons FNAC en récompense de leurs écrits. Ils ont été félicités pour l’excellence de leurs compositions littéraires. Ils ont été encouragés à continuer dans la voie des lettres et des humanités par le jury du concours, satisfait de leur maîtrise de l’expression écrite, leur inventivité et leur créativité.

 

 

Les textes des élèves primés

 

1er prix

19 mai 1983

 

Mme WEISS Louise

MAGNY-LES-HAMEAUX(Yvelines)

 

 

Chère Louise ,Valentine,Louis ou devrais-je dire vierge de la paix,

Je vous écris cette présente missive pour vous témoigner tout le respect que je vous porte. J’ignore si elle vous parviendra mais j’ose l’espérer.

Je trouve vos actions remarquables et vos actes admirables , depuis un certain temps, j’éprouve le besoin de vous en faire part.

Votre engagement pour la paix ne peut qu’être gracié mais c’est d’un autre domaine que je voudrais vous féliciter : le féminisme, mouvement dans lequel vous avez excellé !

Avec Votre association «  les femmes nouvelles » vous avez réussit à nous faire obtenir un moyen d’expression majeur en politique ; le droit de vote. C’est donc au nom de toutes les femmes qui accomplissent ce geste et l’accompliront encore que je vous remercie. Grâce à vous , nos droits ont étés revendiqués , repensés et nous avons obtenu une place dans la direction de notre pays .Vous ne vous rendez surement pas compte que vos actes, votre combat à issue victorieuse ont des conséquences irréfutables sur le statut, la vie, le droit d’expression des femmes et des futures femmes de ce monde. Ainsi , cette lettre est un bien faible présent pour les changements que vous avez engendrés mais je pense que la réussite est la plus belle des récompenses. J’aurais aimé , comme vous, accomplir de grandes choses dans ma vie , malheureusement je n’en ai pas eu l’occasion mais grâce a vous , à chaque élection j’ai l’impression d’en réaliser. C’est au moment où mes doigts ont lâché mon bulletin dans l’urne que mes pensées se sont dirigées vers votre personne , femme remarquable, grâce à qui je peux réaliser ce geste. C’est donc ainsi , que cette idée de missive m’est parvenue , l’idée d’un support de remerciement même que celui de ce bulletin, moyen d’expression des grands de ce monde , dont vous faites partie désormais.

Et c’est sur ces mots valorisant que je décide de mettre fin à cet hommage.

 

Une admiratrice qui souhaite rester anonyme.

 

PS : Je voulais m’assurer que l’on comprenne bien ma lettre , c’est pourquoi j’ai besoin de préciser quelques détails :

-Le choix de la date n’est pas un hasard , Louise Weiss étant morte le 26 mai 1983 , je l’aie choisie de telle sorte à ce que la lettre lui parvienne peu avant son décès.

-L’appellation « Valentine » dans la marque de politesse introductive est une référence au pseudonyme que Louise Weiss utilisait dans la résistance. Celle de « louis » est liée à celui qu’elle a prit pour collaborer avec le journal « le Radical ». Enfin, le surnom « la vierge de la paix » était celui que l’on lui donnait.

-La répétition du mot « femmes » ligne 14 est voulue, pour renforcer l’idée de suite et donc de durabilité dans les générations à venir.

-Certains verbes sont volontairement au présent, ce qui permet de montrer que c’est toujours d’actualité, comme: « grâce à qui je peux réaliser ce geste ».

 

FISCHER Manon

 

2ème prix

Mama Daktari

 

 

Mama Daktari un surnom qu’on gardera dans nos mémoires encore longtemps

A cette remarquable femme toujours là à aider les autres, à donner de son temps

Mama Daktari cette jeune aventurière qui n’a jamais arrêté de partir à l’aventure et sa pendant toute sa vie

A la recherche de personnes en détresse parfois seules et livrées à elles-mêmes, dans ce monde hostile qu’est la vie

D’ailleurs vous avez été une des premières personnes à aider des pèlerins lors de leur difficile voyage

A mon avis c’est pour cela que je vous admire le plus à l’heure d’aujourd’hui peu aurait accompli cette merveilleuse action ainsi que cet interminable voyage

Kilomètres après kilomètres votre fatigue s’accumulait mais votre courage ne cessait d’augmenter

Tellement de mérite devrait vous revenir, vous vous êtes toujours donner un but dans votre vie et plus vous avanciez dans votre vie plus le niveau que vous attendiez de vous augmentait

Aujourd’hui vous faites partie des femmes remarquables d’Alsace mais je pense qu’au fond vous avez plus un   mérite dans le monde entier

Rire ou pleurer toutes les émotions étaient au rendez-vous lorsque vous aidiez ces personnes en difficulté et ça dans le monde entier

Il y a aujourd’hui beaucoup de femmes remarquables en Alsace mais pour moi vous restez une de celles qui m’aura le plus touchée je vous dédie un immense respect et un grand merci Mama Daktari la femme au courage.

EL Azhari Sana 2nd1

 

3ème prix 

 Marie-Antoinette Lix

 

Chère Marie-Antoinette,

Puis-je-vous appeler par votre surnom ? Tonny. Pour certaines personnes, cela paraît peut-être étrange de parler à une morte, je ne trouve pas. Si j’étais née un siècle plus tôt, je vous aurais peut-être croisé un jour, au coin d’une rue en Alsace , sans vraiment faire attention et je serais passée à côté d’un destin incroyable pour une femme de l’époque, cela ne m’aurait je ne pense même pas effleuré l’esprit de croiser un tel passé dans une rue de Ribeauvillé.

Mais ce n’est pas le cas, nous sommes actuellement en 2015 soit 106 ans après votre mort et je ne vous croiserais jamais au détour d’une ruelle. Cela ne change néanmoins rien à l’admiration que je vous porte, vous étiez et êtes encore un modèle de femme libre et indépendante. Vous inspirez beaucoup de femmes actuelles et les poussez à oser, à se lancer. Vous, l’une des premières femmes à faire un métier d’homme et à en assumer les conséquences, à partir au front, à se battre contre l’ennemi russe. Une femme de votre époque vous aurait trouvé trop éloignée du modèle de bonne mère de famille et vous aurait très certainement traité d’irresponsable d’ainsi laisser son mari vivre de la sorte. Votre parcours est plus que remarquable et j’aurais aimé discuter avec vous, autour d’un thé ou bien d’un café. De parler de cette envie qui vous a poussé à vous battre tout en trempant un bredele alsacien dans nos boissons, je vous écouterais relater durant des heures vos aventures, vous laissant faire des pauses alors qu’a cet instant, vous fermeriez les yeux comme replongée dans votre passé. Comme un retour en arrière sur vos souvenirs, bons comme mauvais. Entendre votre voix et me laisser guider par celle-ci, gribouillant sur un cahier toutes les anecdotes que je vous laisserai me commenter des après-midi durant. Je reviendrais toutes les semaines après mes cours de couture le jeudi soir, les yeux brillants et les mains moites d’excitation. Je vous témoignerais de l’attention jusqu’à l’épuisement, repoussant éternellement le moment où je devrais vous abandonner pour rejoindre les bras de Morphée ou plutôt le moment où vous me prierez de prendre congé. Je rentrerais chez moi, le mains jouant avec les franges des manches de mon gilet, la tête ailleurs, sur le champ de bataille en m’imaginant inlassablement ces attaques ennemis qu’il faudrait repousser tout en pensant à ne jamais dévoiler ma féminité. Et c’est à ce moment-là que je me dirais que vous avez un passé très chargé. J’irais me demander si raviver vos souvenirs n’est pas néfaste pour vous ou au contraire si le fait de vous libérer de ces souvenirs vous apporte du bien-être.

Mais tous cela n’est que fictif et je ne vous connaîtrai jamais, malgré tout, cette lettre m’a fait comprendre et réaliser une chose, moi aussi je peux avoir un destin incroyable, marquer l’histoire mais pour cela il faut que je me batte, coûte que coûte. Tout comme vous. Pas forcement de la même manière mais à votre image. Et je vous en remercie.

Werlé Marine

 

Diplôme d’encouragement

Amélie de Berckheim

 

Madame de Berckheim.

Si je vous écris aujourd’hui, ceci a pour objectif de vous dire que j’admire votre travail, et ce que vous avez réalisé dans votre vie. Si vous n’aviez pas si vite quitter ce monde, j’aurais voulu mieux vous connaître pour que nous partagions nos idéaux.

Vous fûtes la première femme patron d’industrie en Alsace. Pour cette époque, ceci fût un courage immense de votre part. Vous aviez dû affronter des propos désagréables de la part des hommes, qui devaient considérer que la place de la femme était à la maison, et non en entreprise. Vous avez également eu l’honneur de connaître un grand de ce monde, l’inventeur du code civil, Napoléon Bonaparte.

Le fait que vous fûtes la première femme patronne d’une entreprise en Alsace, est un exemple pour tout le monde. Cela prouve que la place de la femme est aujourd’hui partout : En entreprise, en politique, dans l’artistique, dans le commerce, dans le cinéma. Vous êtes une preuve vivante que la femme a droit à sa place dans la société, autant que l’homme. J’aurais aimé que vous soyez encore vivante aujourd’hui pour que vous témoignez, et que vous soyez dans la lutte pour l’égalité homme-femme.

Le point commun qui nous rassemble est le fait que j’ai également envie de devenir comme vous, je veux accomplir de grandes choses, je veux laisser une trace de moi dans ce monde. Je veux partir sachant que j’aurais accompli de grandes choses exemplaires. Devenir comme ne sera pas bien entendu pas tâche facile. Les étapes seront dures et longues encore. J’ai confiance en moi, car je sais qu’en m’investissant, l’effort payera. Vous m’êtes d’une grande inspiration pour mes futures idées, et je veux m’en inspirer pour l’avenir. Je veux juste encore vous dire que vous êtes une grande femme qui a accompli quelque chose de grand, et qui peut avoir l’esprit en paix, sachant qu’il restera toujours une trace de vous dans ce monde.

Sur ce, je vous salue.

Achille Labaune

 

Diplôme d’encouragement

Femmes remarquables d’Alsace

Laure WEIL

Aujourd’hui nous sommes réunis pour rendre un dernier hommage à une femme qui a sauvé plusieurs centaines de vies. Elle a d’abord fondé une association pour les enfants pauvres et les jeunes filles sans auberge. Quand je serai plus grande je fonderai une association pour les enfants démunis comme elle car ce n’est pas possible de rester là, les bras croisés à ne rien faire pendant que d’autres sont entrain de mourir de soif et de faim. Mais le pire ça c’est que de nos jours on se plaint de tout et de n’importe quoi. J’ai de l’admiration pour ces femmes qui font comme Laure car c’est grâce à elles que le monde a une chance d’être sauvé. Pourquoi de nos jours les jeunes ne s’en rendent-ils pas compte ?

En 1933 à l’arrivée au pouvoir d’Adolph Hitler, il a commencé des séries d’annexion. Il entreprend alors un génocide contre les Juifs, Laure elle-même juive décide d’aider les Juifs menacés par la Gestapo. Je pense qu’elle a beaucoup, de courage car elle a risqué sa vie pour des personnes qu’elle ne connaissait même pas. Personne n’aurait pu prévoir ce qu’il allait se passet mais elle a bien réfléchi et fait ce qu’il fallait. Je ne la connaissais pas personnellement bien évidemment mais je l’aurais respectée car c’est une grande âme que certaines personnes ont connue. Couronnée de laurier en latin, c’est une belle victoire qu’elle a gagné. La Terre a perdu une battante mais le Paradis a gagné un Ange. En vivant on accepte la mort et elle l’a acceptée dignement. Hommage à touts ces femmes qui comme Laure ont sauvé plein de vies. Je suis ici aujourd’hui pour leur remettre mon plus grand respect et le plus grand des Merci, il n’y a pas de mot pour dire que je suis éternellement reconnaissante.

Laure Wolf